À qui veut


Solo show
Les limbes, St étienne
31-01-2020 > 29-02-2020
Curators : Marie Kaya & Manon Recordon

Pdf of the interview (fr)

Manon Recordon associe à sa pratique photographique l’exploration d’archives, personnelles ou extérieures, et le photomontage. Elle refuse la littéralité et intervient sur les techniques d’impression, le format, l’encadrement, l’agencement et le montage pour activer les rencontres entre des images d’origines disparates, éloignées, singulières. Sa méthode de combinaisons iconographiques, qui s’appuie sur le maniement et le détour-nement des images, est aux antipodes de tout protocole. Ses photographies évoluent parmi des images provenant de magazines, d’internet, d’illustrations, anciennes ou récentes, de romans photo, dans un mouvement d’ouverture et d’émancipation. À partir de ce matériau dissonant elle élabore des projets qui font écho à des événements marquants, historiques ou vécus. L’agencement des photographies renvoie ainsi aux enga-gements de l’artiste. Manon Recordon ne veut pas laisser les interprétations issues de classifications traditionnelles prendre le pas sur la pluralité des significations que recèlent ses compositions. Les rencontres, les confrontations et leur organisation dans l’espace d’exposition délimitent une sphère de sensibilité. Un message latent se dessine, qui n’est jamais ostensible. L’artiste abolit la hiérarchie entre la nature des trau-
matismes, qu’ils soient collectifs ou individuels, voire personnels. Elle traite de la question de la vulnérabilité de l’homme face à l’Histoire et les lois de la nature à partir de ses expériences. Au cœur de À qui veut prend place l’impressionnante éruption du Stromboli en juillet 2019, qui fait prendre conscience à Manon Recordon de notre fragilité manifeste. L'exposition, en devenant le lieu d'une lutte entre les oeuvres, témoigne de l’incertitude qui hante l’homme, incertain face à la nature, mais toujours combatif et déterminé à se livrer aux tourments d’un futur chimérique.

Marie Kaya

Manon Recordon combines her photographic practice with the exploration of archives, both personal and external, and photomontage. She refuses literality and intervenes on printing techniques, format, framing, arrangement and editing to activate encounters between images of disparate, distant and singular origins. Her method of iconographic combinations, based on the handling and diversion of images, is at the antipodes of any protocol. His photographs evolve among images from magazines, the internet, illustrations, old or recent, from photo novels, in a movement of openness and emancipation. From this dissonant material she elaborates projects that echo significant historical or lived events. The arrangement of the photographs thus refers to the artist's commitments. Manon Recordon does not want to let the interpretations resulting from traditional classifications take precedence over the plurality of meanings contained in her compositions. The encounters, the confrontations and their organization in the exhibition space delimit a sphere of sensitivity. A latent message emerges, which is never ostensible. The artist abolishes the hierarchy between the nature of traumas, whether collective or individual, or even personal. She deals with the question of man's vulnerability to History and the laws of nature on the basis of his experiences. At the heart of À qui veut prend place the impressive eruption of the Stromboli in July 2019, which makes Manon Recordon aware of our manifest fragility. By becoming the site of a struggle between the works, the exhibition bears witness to the uncertainty that haunts man, uncertain in the face of nature, but always combative and determined to indulge in the torments of a chimerical future.

Marie Kaya est doctorante en Arts Plastiques à l’Université Jules Verne d’Amiens. Son projet de thèse porte sur les pratiques photographiques contemporaines de composition des images dans les espaces de monstration



Terra ca nun senti 2019, vidéo, 8,05 min
(With the support of Drac Ile-de-France)
Voice over : Vincenzo Marasco
Song : Margaux Bricler & Vincenzo Marasco
Direction, text, editing : Manon Recordon
On a volcanic island in the Mediterranean, a young man is dominated by hallucinations and successive visions of the desire of a woman who comes and goes in his memory, a real ghost that inhabits his imagination. This film is a short journey in the relationships between identity, history and memory.




Phylactery, «J’ai l’impression de m’être endormi. C’est drôle. Quelle heure est-il ?» /
«I feel like I’ve fallen asleep. Funny. What time is it?», 2020, various dimensions
The first flight, 2013



Alice, 2019, 60×80cm, lambda print, painted wood, dibond


Wall installation: Iddu, sacred monster, 2020
L’effondrement / The collapse, 2019, 230×350cm, blue back print
Lellina & Lucas, 2019, 80×60cm, lambda print, painted wood, dibond




God is a woman, 2019,
103×73cm, lambda print, pvc, glass


Que veux-tu ?, 2019, 70×50×10cm, lambda print, painted wood


Europa, 2020, 70×50×10cm, lambda print, painted wood



Vortex temporel / Temporal vortex, 2020, 180×230cm, print on cotton percale
I wish they were all like him, 2020, 100×70cm, lambda print, painted wood, dibond



Maledetta montagna / Damn mountain, 2020,
156×200cm, collage, blue back print


Bouffon fané / Wilted buffoon 2019
70×50×10cm, lambda print, painted wood